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📖 Guide complet · Droit du travail français

Calcul indemnité de licenciement 2026 : formule, barème, exemples

Mis à jour le 19 juin 2026 · Contenu général d'information à vérifier selon votre situation · Sources : Code du travail (Légifrance), Service-Public.fr

La formule légale : 1/4 de mois par an jusqu'à 10 ans, puis 1/3 au-delà. Mais la CCN peut prévoir mieux — à vérifier systématiquement.

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Le calcul de l'indemnité légale de licenciement obéit en France à une formule stricte : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, puis 1/3 de mois au-delà. Cependant, cette base légale n'est qu'un plancher : la convention collective applicable peut prévoir des indemnités plus favorables, obligatoirement respectées. Ce guide détaille la formule exacte, les cas particuliers (faute grave, interruption de préavis), les délais d'appréciation de l'ancienneté, et expose les pièges les plus fréquents. Vous découvrirez également comment vérifier si votre CCN offre une meilleure protection, et comment contester un calcul insuffisant devant le conseil de prud'hommes.

Définition juridique et cadre légal de l'indemnité de licenciement

L'indemnité de licenciement est une indemnité de rupture due au salarié en CDI licencié pour motif personnel, économique ou pour inaptitude (sous réserve de la condition d'ancienneté). Elle constitue une réparation forfaitaire de la perte d'emploi et du préjudice lié à l'absence de continuité professionnelle. Selon les dispositions du Code du travail, tout salarié justifiant d'au moins 8 mois d'ancienneté ininterrompus dans l'entreprise a le droit de percevoir une indemnité légale, sauf en cas de faute grave ou lourde (sauf disposition conventionnelle, contractuelle ou usage plus favorable). L'article L.1234-9 ouvre le droit à l'indemnité légale ; son montant minimal est fixé par l'article R.1234-2 : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, puis 1/3 de mois au-delà de 10 ans. Ce montant est calculé sur le salaire de référence le plus favorable au salarié : la moyenne des 12 derniers mois ou le tiers des 3 derniers mois (art. R.1234-4). Toutefois, de nombreuses conventions collectives nationales ou accords de branche prévoient des indemnités conventionnelles supérieures au barème légal, qui s'imposent à l'employeur.

Procédure de calcul et appréciation de l'ancienneté

Le calcul de l'indemnité de licenciement suit plusieurs étapes précises. D'abord, il convient de déterminer l'ancienneté du salarié au moment de l'expiration du contrat, et non à la date de notification du licenciement. Selon la jurisprudence constante, le droit à l'indemnité naît à la notification, mais son montant s'évalue à la fin du contrat, en incluant la période de préavis même si elle est interrompue. Ensuite, on applique le barème légal ou conventionnel selon la formule appropriée. Le salaire de référence est le montant le plus favorable au salarié (art. R.1234-4) : la moyenne des 12 derniers mois, ou le tiers des 3 derniers mois (primes annuelles au prorata). Les gratifications, primes régulières et éléments fixes du salaire entrent dans ce calcul. Une attention particulière doit être portée aux interruptions du contrat (maladie, congés, etc.) dont la prise en compte dans l'ancienneté varie selon le motif de l'absence et la convention collective (certaines comptent en totalité, d'autres partiellement). En cas de faute grave commise durant le préavis, celle-ci ne fait pas obstacle au paiement de l'indemnité.

Erreurs fréquentes à éviter dans le calcul

La première erreur consiste à négliger la convention collective applicable. De nombreux salariés reçoivent une indemnité basée uniquement sur le barème légal, alors que leur CCN prévoit des montants supérieurs. Il est impératif de vérifier systématiquement le niveau de couverture conventionnelle avant d'accepter une proposition de l'employeur. Deuxième erreur : confondre l'indemnité de licenciement avec l'indemnité compensatrice de préavis. Ces deux indemnités sont distinctes et cumulatives. Une troisième erreur fréquente concerne le calcul du salaire de référence : oublier d'inclure les primes régulières, les commissions ou ignorer les périodes de congés payés. Quatrièmement, ne pas vérifier que le droit à l'indemnité existe bien : un salarié justifiant de moins de 8 mois d'ancienneté ou licencié pour faute grave n'y a pas droit (sauf si la CCN en dispose autrement). Enfin, accepter une indemnité sans vérifier les délais : tout litige doit être soulevé dans les délais de prescription applicables.

Montants, barèmes et indicateurs 2026

Le barème légal 2026 demeure inchangé : 1/4 de mois par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, puis 1/3 au-delà. Pour un salarié ayant 10 ans d'ancienneté avec un salaire moyen de 2 500 € brut mensuels, l'indemnité légale s'élève à 6 250 € (2 500 × 2,5 mois). Au-delà de 10 ans, le calcul s'accélère : 15 ans d'ancienneté génèrent 6 250 € (légal jusqu'à 10 ans) + (5 × 2 500 × 1/3) = 10 416,67 €. Le barème Macron (L.1235-3) est distinct de l'indemnité légale : il fixe les dommages-intérêts en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse, selon l'ancienneté et la taille de l'entreprise. Les délais essentiels sont : 12 mois de prescription pour agir en justice, 2 jours minimum entre l'entretien préalable et l'envoi de la lettre de licenciement. Les conventions collectives sectorielles peuvent fixer des indemnités plus avantageuses, applicables d'office.

Articles du Code du travail applicables

L.1234-9
Indemnité légale de licenciement
Ouvre le droit à l'indemnité légale ; le montant (1/4 de mois par année jusqu'à 10 ans, puis 1/3 au-delà) est fixé par l'article R.1234-2. Applicable à tout salarié justifiant de 8 mois d'ancienneté ininterrompus minimum.
L.1232-2
Entretien préalable au licenciement (procédure)
Encadre la convocation et l'entretien préalable, avec un délai minimum de cinq jours ouvrables avant l'entretien (le délai de deux jours ouvrables avant la notification relève de L.1232-6).
L.1233-3
Définition du motif économique
Définit la cause économique : difficultés économiques, mutations technologiques, réorganisation pour sauvegarder la compétitivité, ou cessation d'activité.
L.1235-3
Barème Macron — indemnité pour licenciement sans cause réelle
Fixe les planchers et plafonds en mois de salaire que le juge alloue lorsqu'il prononce un licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Questions fréquentes

Q.Comment calculer l'indemnité de licenciement si le salarié a moins de 10 ans d'ancienneté ?
Appliquez la formule : ancienneté en années × (1/4) × salaire moyen mensuel brut. Par exemple, 5 ans d'ancienneté avec 2 000 € de salaire moyen = 5 × (1/4) × 2 000 = 2 500 €. Cette formule est le barème légal minimal. Vérifiez impérativement si votre convention collective prévoit un montant plus favorable.
Q.Que se passe-t-il si le salaire du salarié varie fortement selon les mois ?
Le salaire de référence retenu est le plus avantageux pour le salarié (art. R.1234-4) : la moyenne des 12 derniers mois, ou le tiers des 3 derniers mois (les primes annuelles ou exceptionnelles étant comptées au prorata). Le mode de calcul le plus favorable au salarié est retenu d'office. En cas d'arrêt maladie ou de temps partiel thérapeutique au cours de la période de référence, le salaire retenu est calculé, selon la formule la plus favorable, sur les 12 ou 3 mois précédant l'arrêt ou le passage à temps partiel thérapeutique.
Q.Un salarié licencié pour faute grave a-t-il droit à une indemnité de licenciement ?
Non, selon le Code du travail, la faute grave prive le salarié du droit à l'indemnité légale. En revanche, il conserve le droit à l'indemnité de licenciement si la convention collective l'accorde expressément même en cas de faute. De plus, l'interruption du préavis en raison d'une faute grave ne retire pas le droit à l'indemnité, selon une jurisprudence récente de la Cour de cassation.
Q.Comment s'applique la convention collective si elle prévoit une indemnité plus élevée que la loi ?
La convention collective s'impose à l'employeur et au salarié. Si la CCN prévoit une indemnité supérieure au barème légal, c'est ce montant qui doit être versé. L'indemnité conventionnelle remplace la légale, elle ne s'y ajoute pas. L'employeur qui refuse d'appliquer la meilleure indemnité commet un manquement : le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes pour obtenir le paiement des sommes dues.
Q.Quel délai s'applique pour contester une indemnité de licenciement insuffisante ?
Le délai de prescription est de 12 mois à compter de la notification du licenciement. Au-delà de ce délai, toute réclamation est prescrite et irrecevable. Il est conseillé d'agir rapidement après réception du solde de tout compte, soit directement auprès de l'employeur par mise en demeure, soit en saisissant le conseil de prud'hommes.

⚠️ Ce guide est indicatif et s'appuie sur le Code du travail et la jurisprudence. Il ne remplace pas un conseil juridique personnalisé — consultez un avocat pour votre situation spécifique.

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